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Web2Day 2019

Notes secrètes, matchs truqués… Découvrez les coulisses de Tinder4 min read

5 min de lecture

Dans le cadre du Web2Day de Nantes, Candice Marty de la Team Web Theorie a assisté à la conférence « Votre note de désirabilité » menée par Judith Duportail, journaliste des Journalopes. Au terme de son expérience, elle a écrit un livre-enquête passionnant, intitulé L’amour sous algorithme. Le sujet ?  L’application de rencontres en ligne Tinder… et ses travers.

Qu’est-ce que le site de rencontres Tinder ? Comment l’application réussit-elle à booster l’égo des femmes ? Quelle stratégie Tinder met en place pour noter ses utilisateurs qui recherchent une relation ? Comment l’application distingue-t-elle ses utilisateurs dans le but qu’ils rencontrent la bonne personne ? Zoom sur un sujet pas si virtuel… et brûlant !

 

Les coulisses de Tinder
Judith Duportail lors de sa conférence sur Tinder au Web2Day2019

Tinder, qu’est-ce que c’est ?

Tinder : certainement le site de rencontres disponible sur smartphone (iOS et Android) le plus célèbre de la planète. Son atout ? Il offre une interface de dating ludique et intuitive basée sur un « swipe » vers la droite ou vers la gauche, pour déterminer si on aime ou non un profil Tinder proposé. Un outil bien utile pour faire des rencontres faciles, que l’on cherche l’âme sœur… ou seulement une aventure éphémère. Tout pour plaire aux célibataires, à priori ! D’ailleurs son succès ne se dément pas, et Tinder est utilisé par plus de 5 millions de personnes dans le monde. Dont Judith Duportail, qui crée un profil « rigolo » sur la plateforme après une rupture amoureuse en 2014.

L’appli Tinder booste-t-elle l’égo de toutes les femmes ?

Selon Judith Duportail, la majorité des femmes s’inscrivent davantage sur Tinder pour booster leur égo que pour trouver le grand amour ou une relation durable. En étant likées par des hommes, elles se sentiraient valorisées, enthousiastes, flattées, excitées.

En revanche, leur état d’esprit est bien différent si elles ne rencontrent pas le succès. Une expérience vécue comme un échec, qui engendre une sorte de déprime, une anxiété. Un sentiment exacerbé par le fait qu’elles n’aient pas accès aux mêmes profils de jeunes mâles séduisants, pourtant proposés à leurs amies…

Comment Tinder note ses utilisateurs en secret ?

Pourquoi les utilisateurs et utilisatrices ne se voient pas proposer les mêmes profils ? Parce que Tinder leur a longtemps attribué une note secrète : un Elo score, qui a été supprimé par l’entreprise depuis quelques mois. Il s’agissait d’une note secrète de désidérabilité créée à partir des mathching effectués sur l’application. Dans cette logique, si quelqu’un de très désirable vous match, votre score augmente. Mais s’il s’agit de quelqu’un de moins désirable, votre score diminue. Un algorithme bien ficelé qui a longtemps fait le succès de l’application… Sans que les utilisateurs en aient conscience !

« Le but de Tinder est de mettre les beaux avec les beaux, les moyens avec les moyens et les moches avec les moches »

Cette découverte marque le début de l’enquête de Judith Duportail.

Comment Tinder juge ses utilisateurs ?

Ce scoring traduit-il un potentiel attractif fondé, ou un système de notation puéril, digne des cours de récré ? Quoi qu’il en soit, Tinder l’a bien utilisé pour faire matcher des couples.

Pour se faire, l’appli recoupait vos données personnelles disponibles sur les réseaux sociaux. Notamment :

  • votre âge,
  • vos revenus,
  • votre lieu de vie,
  • votre lieu de naissance,
  • vos initiales,
  • vos diplômes.

Une application misogyne ?

Autre scoop : les informations recueillies ne sont pas utilisées de la même manière selon votre sexe.

Option 1 : vous êtes un homme sur Tinder

Si vous avez de très bons revenus, vous aurez des points bonus et serez valorisé auprès des utilisatrices.

Option 2 : vous êtes une femme sur Tinder

Si vous avez de très bons revenus, vous serez défavorisée… Des points malus vous attendent !

Bilan : ce système de matching favorise l’homme par rapport à la femme, selon Judith Duportail.

Le problème ?  Tinder se positionne comme une application progressiste qui œuvre pour la libération des sexes, et l‘indépendance des femmes. Or, Judith a mis à jour lors de son enquête le hiatus entre leurs valeurs supposées de la marque et la réalité des faits.

Une stratégie payante ?

L’application s’arrangerait pour diminuer le nombre de profils aux heures stratégiques. Si vous êtes accro, elle vous propose des fonctionnalités payantes pour accéder à de nouveaux profils.

Tinder choisit donc les personnes que les utilisateurs rencontrent, sous couvert de leur laisser un libre arbitre. Encore un paradoxe étrange pour une application qui prône la liberté de choisir !

Judith Duportail rêvait de Sex and the City mais elle s’est retrouvée sur Black Mirror. Elle cherchait un compagnon, elle a trouvé une enquête.

Vous souhaitez en apprendre davantage sur le sujet ? Courez acheter son livre,  L’amour sous algorithme  !

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Bonne lecture !

Candice Marty & Marie Gomez

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